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Avec la D2D, Orange transforme les smartphones en relais IoT

Avec la D2D, Orange transforme les smartphones en relais IoTLa technologie sur laquelle planche l'opérateur télécom répond à l'un des principaux challenges des objets connectés : la durée de vie de leur batterie.

Et si nos smartphones servaient de relais aux objets connectés ? C'est dans cet objectif qu'Orange travaille sur la technologie D2D. Cette dernière permet à des devices de communiquer entre eux via l'interface radio des réseaux cellulaires 4G, et bientôt 5G. "La technologie D2D a un fort potentiel pour économiser la batterie des objets connectés en servant de relais de proximité et donc pour allonger leur durée de vie", souligne Eric Hardouin, directeur du domaine de recherche Ambient Connectivity chez Orange.

 

Concrètement, les appareils établissent une connexion avec un smartphone, qui sert de relais pour l'envoi des messages vers le réseau mobile, sans que les appareils sources ne soient connectés directement au réseau mobile. "La technologie D2D n'est pas nouvelle, elle a été utilisée dans un projet européen datant de 2007 et j'avais contribué à une étude sur le sujet en 2012, mais elle met beaucoup de temps à devenir mature. Elle a été normalisée en 4G pour des services de sécurité publique mais elle n'est pas implémentée pour un usage commercial", explique Eric Hardouin.

 

Orange en est venu à travailler sur le D2D pour un usage IoT à la suite de travaux d'un doctorant. Ce dernier a proposé dans le cadre de son travail de thèse chez Orange un algorithme permettant d'identifier les smartphones des particuliers susceptibles d'établir une communication D2D par leur proximité avec les objets connectés au moment où ces derniers ont besoin d'envoyer leurs données. "Nous avons décidé d'adapter la technologie à l'IoT car elle répond aux besoins d'appareils que l'on ne peut pas recharger facilement, comme les compteurs d'eau, et à ceux éloignés d'une zone de couverture d'une antenne cellulaire, à l'image des capteurs dans les parkings souterrains. Or, quand un objet connecté en est éloigné, il doit émettre davantage et cela consomme de la batterie. Il est donc plus économique qu'il communique avec un terminal proche de lui, qui transmettra ses données", détaille-t-il.

Une disponibilité possible courant 2024

Les expérimentations d'Orange ont porté sur des objets connectés fonctionnant avec un réseau cellulaire mais le concept de la technologie D2D "peut être étendu à d'autres réseaux, comme le Bluetooth". Le directeur du domaine de recherche précise que le D2D use peu la batterie du smartphone servant de relais. Orange doit encore travailler à la sécurité des communications entre les capteurs et les smartphones, afin d'assurer que les données ne puissent pas être déchiffrées. Autre sujet d'interrogations : l'acceptabilité de la solution. Pour que les particuliers acceptent que leur smartphone serve de relais, il leur faudrait une compensation, comme des données mobiles offertes par leur opérateur ou des réductions sur leur abonnement mobile.

Pour que la technologie soit adoptée, elle doit aussi être normalisée par l'organisme de standardisation 3GPP. "Il y a encore beaucoup de questions à résoudre avant un déploiement concret d'une telle technologie. Une étude de faisabilité vient de démarrer pour évaluer l'intérêt du relayage par D2D, rapporte Eric Hardouin. Si elle est concluante, on peut envisager avoir des spécifications au cours de la release 17 du 3GPP qui va se terminer en décembre 2021. Ensuite, il faudrait compter entre 18 mois et deux ans pour que des équipements compatibles avec les spécifications soient disponibles sur le marché, ce qui ne permettrait pas d'avoir cette solution dans les réseaux avant 2024."

Orange n'a pas encore mentionné le D2D à ses clients mais "beaucoup d'acteurs sont intéressés par les sujets sur l'économie d'énergie car la durée de vie des batteries représente un frein à l'adoption de l'IoT", assure Eric Hardouin. Selon l'étude Révélations 360 IoT de Media dell'Arte menée auprès d'une centaine de projets en France, 45% utilisent des piles dont la durée de vie n'excède pas trois ans et 40% ont recours à des batteries rechargeables. Le D2D serait par ailleurs complémentaire de la 5G, en augmentant les typologies d'objets adressables puisque l'on pourrait étendre la couverture réseau à des devices qui ne l'étaient que difficilement et ouvrir ainsi la voie à des objets n'ayant jamais besoin d'être rechargés.

source : https://bit.ly/34Qo0Ov
 

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